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Larousse s'attaque à Wikipedia
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Qui entend concurrencer en ligne Wikipedia ? Une maison française née dans le papier au XIXème siècle : Larousse
L’éditeur de la rue Montparnasse a lancé mardi sur Larousse.fr une encyclopédie gratuite de 150.000 articles.
A cette expertise encyclopédique s'ajoute la réactivité du Web : l’article signé Larousse s'enrichit d'une galaxie de contributions, également signées, non modifiables, mais auxquelles on peut réagir (avec modération, bien sûr).
Pour de plus amples explications, nous avons rencontré Line Karoubi, 49 ans, directrice adjointe des "Dictionnaires et encyclopédies" chez Larousse, à la tête d'une équipe de 37 personnes. Et nous lui avons demandé si elle ne craignait pas de perdre des plumes en s'attaquant à un géant aussi célèbre, désormais, que Wikipedia.
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| Line Karoubi : aller sur le Web, c'est investir
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Qu’est ce qui a motivé ce projet d'aller concurrencer Wikipedia sur son terrain et de lancer gratuitement sur Internet une encyclopédie signée Larousse ?
Larousse,qui était déjà très présent au niveau DVD et multimedia, n’est pas novice dans la culture de l’écran. Mais nous avons voulu aller plus loin, observer sur le Net ce qui marchait. On a vu des encyclopédies payantes sans clients comme l’Encyclopedia Britannica. Après une période gratuite, ils ont essayé de faire payer l’internaute, mais ça a échoué. Ca ne nous a pas paru un bon démarrage, surtout en voyant le succès de Wikipedia : un des sept sites les plus consultés en France, le neuvième dans le monde. C’est un mammouth. Mais c’est un hébergeur sans droits d’auteur contrairement à Larousse, qui est référencé, validé, hiérarchisé, inattaquable.
Nous nous sommes alors dit que Larousse ne pouvait rester absent du Net plus longtemps. Et on a décidé de mettre en ligne gratuitement sur Larousse.fr, avant l’été, 150.000 articles et 10.000 médias (schémas, photos…). Mais en y ajoutant des contributions. Imaginons un article sur le volcan. Il y a d’un côté l’article de référence, écrit par un auteur, expert de la question. Mais à côté, il y aura toute une série de contributions autour de ce thème : par exemple sur l’éruption de tel ou tel volcan, ou sur une exploration d’Haroun Tazieff. Toutes ces contributions signées, non modifiables, mais, comme pour Wikipedia, non rémunérées, s'organiseront en galaxie autour de l'article.
Avez-vous déjà des contributeurs ?
Pour l’instant, environ 300 sur une version beta, non accessible à ceux qui ne possèdent pas de code d’accès. Ces contributeurs sont des enseignants, des auteurs, mais aussi des communes qui peuvent donner des précisions touristiques. Chaque contributeur peut se présenter et faire des liens, par exemple vers son blog. Autour de l’univers de chaque article peut ainsi se créer une communauté d’intérêt.
Est-ce qu’Internet permettra de modifier l’approche de l’encyclopédie ?
Internet nous permettra, par l’étude des taux de consultation, de décider de nouveaux thèmes d’articles. En ligne, on peut créer un article sur les ours en peluche, ce qu’on n’aurait jamais fait dans une encyclopédie traditionnelle. Ca correspond à un décloisonnement de la connaissance.
Est-ce la fin de l’encyclopédie papier ?
Nous faisons toujours un ouvrage de synthèse , le Petit Larousse Illustré qui est l’encyclopédie familiale par excellence. Mais on ne fait plus d’encyclopédies multivolumes, excepté le Grand Larousse illustré en trois volumes. C’est le CD-Rom qui a déclenché la fin de l’achat des grands volumes chers, peu pratiques pour les enfants d’aujourd’hui qui ont désormais l’habitude de zapper pour aller vite.
Ce projet d’encyclopédie en ligne a un coût. Lequel ? Et où est la rentabilité ?
Je ne peux pas vous dire le montant de ce nous ne considérons pas comme un coût, mais comme un investissement. D’abord, ça sert l’image de Larousse, ça peut donc générer l’achat de notre Petit Larousse illustré ou de l’une ou l’autre de nos encyclopédies thématiques (cuisine, musique, peinture …). Ensuite, les contributeurs vont parler de livres, ce qui ne peut que bénéficier à Larousse ou à la maison mère, Hachette. Nous avons des fonds d’une richesse incomparable. En étant présents sur le Web, nous inciterons les gens à aller voir nos ouvrages de référence. Il faut que le réflexe Larousse perdure.
Comment envisagez-vous la concurrence avec Wikipedia ?
Nous ne sommes pas sur le même terrain : Wikipedia n’est pas un éditeur, mais un hébergeur. Nous, nous confrontons des points de vue d’experts. C’est mieux que d’avoir une succession de points de vue participatifs.
Des comparaisons ont été faites entre Wikipedia et des encylopédies classiques comme l’Encyclopedia Britannica. Elles ne sont pas défavorables à Wikipedia…
C’est vrai, les comparaisons accordent beaucoup de fiabilité à Wikipedia. Mais l’article que nous mettons en ligne, un article juste écrit par un auteur expert, ne sera pas saboté comme ça arrive sur Wikipedia.
Comment comptez-vous conquérir un public jeune, scolaire ou étudiant, qui a pris ses réflexes sur Wikipedia ?
D’abord par notre exactitude : chez nous, c’est plus juste que chez Wikipedia. Nous espérons ainsi conquérir le public scolaire, étudiant et enseignant.
Pour l’instant, votre version beta, non encore accessible au grand public, compte 30.000 abonnés. Qui sont-ils?
Nous avons offert avec l’achat du Petit Larousse illustré 2008 un numéro permettant d'avoir gratuitement accès à cette version encore confidentielle. Pour le petit Larousse 2009, qui sortira en juillet, il y aura également un numéro d’abonné, qui offrira, en plus du contenu proposé à tous gratuitement, une chronologie interactive et des contenus scolaires. Petits privilèges de l'acheteur...
Combien êtes-vous à travailler sur ce projet ?
Une quinzaine : experts, conseillers scientifiques, éditeurs, développeurs, marketing…C'est la dernière ligne droite !
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| Quand les encyclopédies se lancent sur le Web
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Selon Livres Hebdo, le véritable enjeu pour Larousse "se trouve dans le référencement des moteurs de recherche qui commandera le volume de trafic sur larousse.fr et son éventuelle rentabilisation à l'aide de la publicité". "Actuellement, une interrogation sur un sujet général à partir de Google, Live Search ou Yahoo! donne presque toujours la priorité à Wikipedia", note l'hebdomadaire.
Longtemps attentistes, les éditeurs traditionnels occupent désormais le terrain. Les éditions Le Robert (groupe Editis, racheté par l'espagnol Planeta) préparent ainsi la mise en ligne au second semestre 2008 de leur dictionnaire de langue française, avec accès payant.
L'Encyclopédie Universalis propose également son contenu sur internet depuis 1999, avec actuellement un abonnement à 69 euros. Elle n'en a pas moins annoncé en avril la publication de la 6è édition imprimée de son encyclopédie en 30 volumes.
Enfin, le moteur de recherche Google a également décidé de créer une encyclopédie en ligne baptisée Knol, rédigée par des internautes identifiés, et pouvant contenir de la publicité.
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