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"Etonnants voyageurs" à Saint-Malo

- L'affiche du festival "Etonnants voyageurs" (10-12 mai à Saint-Malo) - (Grand format : cliquez sur l'affiche) -
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L'affiche du festival "Etonnants voyageurs" (10-12 mai à Saint-Malo) - (Grand format : cliquez sur l'affiche)
Le plus séduisant des festivals du livre s'est tenu tout le week-end de Pentecôte à Saint-Malo

Thème retenu pour cette 19ème édition (du 10 au 12 mai) : "Migrations".

Le président du festival, Michel Le Briss'en expliquait ainsi : il faut "penser le monde, désormais, – et nous-mêmes avec lui – à partir, non plus du stable mais du mouvant."

"Moins une pensée des structures qu’une pensée des flux", continue-t-il : "flux de populations, comme jamais le monde n’en connut, migrations, volontaires ou subies, flux de capitaux, flux d’images et de sons, immédiateté d’une communication mondialisée. " Qu’est la littérature, "sinon création de mondes, entrecroisements de voix multiples, remise en cause, dans son mouvement même, des certitudes de l’identité ?"

Retour sur ce festival qui mêlait le meilleur de la littérature vagabonde (ou sédentaire) au cinéma et au documentaire (voir le site officiel ), avec le récit de notre journaliste accréditée sur place, Séverine Correyeur.

Publié le 15/05 à 10:03
Carnet de festival

Le mois de mai revient, et avec lui, l’arche de Noé des Etonnants Voyageurs. Elle rentre au port, la cale chargée de souvenirs, de récits de voyages, de photos et de documentaires. Trois jours durant, elle sera arrimée là : le temps de débarquer ses nomades, de les laisser nous conter leurs périples et de les renvoyer vers de nouveaux horizons.

Comme chaque année, je suis là, fidèle au poste. Affamée de “littérature monde”, avide d’aventure, pressée de rencontrer ces auteurs vagabonds. Il faut être un peu mazo pour venir les voir : eux reprendront le large, moi je retrouverai mon fond d’écran mardi.

Qu’importe! Toujours ça de pris, comme disent les épicuriens. Est-ce une mise en jambe pour le grand départ? Une façon de se procurer du rêve à peu de frais ? Autant de questions que le soleil breton fait vite fondre. Et puis, l’urgence est là : le Festival égrène ses conférences, les minutes s’envolent avec les mots, pas question d’en laisser une miette. 

D’autant que l’ambiance est au faîte. Il émane de Saint-Malo comme un parfum d’aventure, une frénésie. Les rues regorgent de festivaliers, qui courent d’un théâtre à l’autre, en passant par les bars littéraires et les cinémas. Impossible de ne pas les reconnaître, ils arborent des signes bien distinctifs : un tatouage, un sac à dos, des baskets, et surtout le programme, déplié comme une carte routière droit devant eux.

Il faut alors choisir avec soins ses séances. Et c’est là que ça se corse : faut-il vraiment sacrifier la conférence intitulée “le voyage se passe de motifs”, au documentaire sorti des vieux cartons sur les Caphorniers? Oublier la conférence avec l’explorateur Colin Thubron, pour voir le film tant attendu d’Amos Gitaï ?

Bien décidée à ne pas faire de jaloux, je décide de partager équitablement mon temps entre les genres et les époques. La matinée sera consacrée à Jack London, l’après-midi aux films récents et aux conférences avec les nouveaux aventuriers. Et rebelote le lendemain. La même course effrénée, les mêmes sandwichs, insipides nourritures terrestres pour mériter celles plus spirituelles.

De discussions en films, le Festival passe et s’achève. Nous repartons le cœur léger, mais lestés d’un sac de plus, chargé de livres d’explorateurs, autant d’heures volées au quotidien en perspective, la promesse de l’évasion.

Séverine Correyeur

Des prix décernés pendant le festival

Le prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs a été décerné au Rwandais Gilbert Gatoré pour son premier  roman, "Le passé devant soi" (Phébus), ont indiqué les organisateurs du festival du Livre et de l'Image. L'oeuvre primée, récompensée par 10.000 euros, a été choisie par un jury de 10 lecteurs âgés de 15 à 20 ans, dans une liste de dix finalistes établie par des écrivains, des libraires et des journalistes. Né en 1981, Gilbert Gatoré entame, durant la guerre civile rwandaise, un journal qui lui sera confisqué alors qu'il fuit son pays. Il s'attelera alors à l'écriture de ce roman dans lequel il aborde le thème de la rédemption et de la renaissance chez la victime comme chez son bourreau.

Le prix Nicolas Bouvier, qui récompense un écrivain dans l'esprit de  l'auteur de "L'usage du monde", a été attribué à Blaise Hofmann pour "Estive" (ed. Zoé), carnet de berger dans une haute vallée alpine, "journal d'une expérience humaine de la solitude", selon le jury.

Le prix Joseph Kessel, qui récompense une oeuvre de haute qualité  littéraire, un récit de voyage, une biographie ou un essai, va à Sorj Chalandon pour "Mon traître" (Grasset).

Le prix de poésie Robert Ganzo a été remis au poète d'origine marocaine  Abdellatif Laâbi pour l'ensemble de son oeuvre. Le jury entend saluer ainsi "un poète de de tempérament, un aventurier du verbe et de la vie (...), un arpenteur de grand large et d'inconnu".

Le prix "Gens de mer" avait été remis samedi à Benjamin Guérif pour son  livre "Pietro Querini, les naufragés de Röst", chez Rivages.

sommaire
  Carnet de festival
  Des prix décernés pendant le festival
Vidéos
 En duplex avec Olivier Roellinger
 Le Festival Etonnants voyageurs à St Malo
  Info livre
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