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LN
Publié le 31/01 à 18:57
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| A la recherche d'un nouveau modèle
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La 42e édition du Marché international du disque s'est déroulée jusqu'au 31 janvier à Cannes dans un contexte toujours aussi morose pour l'industrie du disque, qui peine décidément à trouver un nouveau modèle économique.
Pour expliquer qu'un nouveau modèle tarde à émerger, Dominique Leguern, directrice du Midem, a pointé le doigt sur la rigidité et le manque d'imagination de l'industrie du disque: "La première réaction des maisons de disques, c'était de se dire: 'On contrôlait la distribution physique (des disques, vinyles puis cd), on va contrôler la distribution digitale.' C'est là que c'est compliqué car la distribution digitale est un autre métier. Il faut se réinventer". Toutefois, à la fin du Midem, Dominique Leguern a souligné avoir "senti des notes d'optimisme de la part de beaucoup d'entreprises" en dépit des "énormes défis" auxquelles elles doivent faire face.
Les ventes de musique sur le web décollent
S'adapter, et vite: tandis que les ventes mondiales de musique sur supports classiques continuent de baisser, les ventes en ligne, elles, ne cessent de croître. Elles ont grimpé de 40% dans le monde en 2007, confirmant le décollage des plateformes de téléchargement légal, indique le dernier rapport de l'IFPI.
En cinq ans, de 2003 à 2007, le nombre de sites de téléchargement légal est passé d'une trentaine à plus de 500 dans le monde, le nombre de morceaux disponibles passant lui de un million à six millions. Et il représente désormais 15% du chiffre d'affaires de l'industrie musicale, affirme l'IFPI.
Selon l'organisation basée à Londres, "la disponibilité croissante du répertoire, l'augmentation du choix et de la diffusion des baladeurs (MP3) a tiré la demande de musique sur internet à des niveaux record".
Les pistes d'avenir
Mais, en parallèle au modèle de téléchargement payant au morceau sur le modèle de l'iTunes d'Apple, la plupart des acteurs du secteur placent désormais leurs espoirs dans les formules d'abonnement pour l'achat de musique sur internet et sur les téléphones mobiles, qui affichent une progression "assez forte" selon le Snep.
Les formules d'abonnement à des service de téléchargement illimité apparaissent comme les plus sérieuses pistes d'avenir. Par exemple, le service de téléchargement de musique illimité proposé par les fournisseurs d'accès internet, comme Neuf Cegetel en accord avec Universal dans le cadre de son abonnement "triple play" (internet, téléphone, télévision), ou l'offre de téléchargement de morceaux inclus dans les forfaits d'internet illimité pour les opérateurs de téléphonie (comme SFR avec les singles Universal).
Le modèle des sites de téléchargement gratuit financés par la publicité semble également porteur, comme Deezer qui permet l'écoute gratuite de musique en "streaming" (sans téléchargement). En revanche, la plateforme de partage légal et gratuit de musique en "peer to peer" (poste à poste) QTrax, qui comptait se lancer durant le Midem, a connu quelques ratés. Alors que ce service basé à New York prétendait proposer plus de 25 millions de titres en téléchargement gratuit grâce au financement publicitaire, les quatre majors du disque (Universal, Sony-BMG, EMI et Warner) ont démenti avoir signé tout accord. Au moins pour l'instant.
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| Le plan anti-piratage français et Bruxelles
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Pour faire émerger de nouveaux modèles, l'industrie compte avant tout sur l'éradication du piratage. Après l'accord signé le 23 novembre à l'Elysée avec les FAI, et élaboré par la mission du PDG de la FNAC Denis Olivennes, un projet de loi en ce sens sera déposé au Sénat "au tout début du printemps" en vue d'une adoption "avant l'été", a annoncé au Midem la ministre de la Culture Christine Albanel.
Ce projet prévoit l'installation d'une autorité chargée d'envoyer des messages d'avertissement aux pirates, suivis de la suspension de leur abonnement internet en cas de récidive. Cette stratégie a été saluée par de nombreux acteurs internationaux de l'industrie, qui y voient un modèle à suivre.
L'influent manager de U2, Paul McGuinness, par exemple, a dénoncé sans ambages au Midem la responsabilité des FAI dans le piratage et estimé que les mesures du rapport Olivennes "constituent un superbe précédent que les autres gouvernements devraient suivre". "Si vous publiez un journal faisant de la publicité pour des voitures volées, permettant de les acquérir et proposant de vous les livrer, vous vous attendriez à une visite de la police, non ? Quelle est la différence ?", a-t-il jugé.
Un jugement de Bruxelles tempère les ardeurs
Mais cette idée de faire des fournisseurs d'accès internet des délateurs, dans laquelle l'industrie fonde ces plus sérieux espoirs pour enrayer le piratage et faire décoller les ventes de musique légales sur internet, pourrait bien se heurter à quelques difficultés avec Bruxelles.
La justice européenne a en effet estimé mardi dans un jugement que la protection du droit d'auteur ne justifiait pas toutes les atteintes à la vie privée des internautes.
Les juges de Luxembourg devaient arbitrer dans une affaire opposant en Espagne la société d'éditeurs et de producteurs de musique Promusicae au fournisseur d'accès internet Telefonica. La première réclamait au second les noms et adresses des utilisateurs d'un service d'échanges de fichiers (Kazaa) avec l'intention de les poursuivre au civil pour infraction aux droits d'auteurs.
Telefonica avait refusé. Les juges européens, saisis par la justice espagnole, lui ont donné raison mardi. La protection des droits d'auteurs "ne doit pas porter préjudice aux exigences liées à la protection des données à caractère personnel", a estimé la Cour de justice.
Dans son arrêt, la Cour renvoie largement la balle dans le camp des différents Etats membres et à leurs autorités judiciaires à qui revient de transposer les directives européennes sur la propriété intellectuelle dans le droit national. Mais elle les appelle à assurer "un juste équilibre entre les différents droits fondamentaux", respect de la propriété intellectuelle et protection de la vie privée.
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| Diversification avec les contrats à 360°
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Cette année, outre les ventes de musique sur le web, il a beaucoup été question au Midem des contrats de stratégie globale dite à 360°, qui constituent une des planches de salut de l'industrie.
Il s'agit pour les maisons de disques de diversifier leurs activités afin de compenser l'effondrement des ventes de disques. Les contrats à 360° englobent ainsi tous les aspects de la carrière d'un artiste, qui devient l'équivalent d'une marque gérée globalement et de A à Z. Pour ce faire, les maisons de disques deviennent co-productrices de concerts, propriétaires de salles, vendeuses de produits dérivés (T-shirts etc...), exploitatrices de boutiques internet, et montent des partenariats notamment avec des opérateurs de téléphonie mobile...
"Aujourd'hui, on ne gagne plus assez d'argent avec les ventes de disques", explique Christophe Lameignère, président de a branche française de Sony-BMG. "Or, la génèse de la création se fait au sein des maisons de disques. Cela doit donc nous bénéficier en retour sur un champ beaucoup plus large".
A cet égard, le label indépendant Because de Emmanuel de Buretel aura montré la voie puisqu'il possède à la fois l'organisateur de concerts Corida et les salles parisiennes la Cigale, la Boule Noire et le Trabendo. Plus récemment, Warner a non seulement racheté la société Jean-Claude Camus Productions, qui produit notamment les concerts de Johnny (artiste Warner depuis 2006) mais aussi créé la division "Warner Music France 360°". Autre exemples, le rachat de l'organisateur de concerts Arachnée par Sony-BMG ou celui de l'éditeur BMG Publishing par Universal.
Pour l'heure, chez les artistes, seule Madonna a osé (et eu la possibilité en raison de son immense notoriété) faire le chemin inverse en quittant Warner pour signer un contrat à 360° avec Live Nation, géant américain de l'organisation de concerts.
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| Les artistes ruent dans les brancards
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Face à la lenteur de l'industrie à s'adapater au numérique, la grogne monte chez les artistes qui multiplient les initiatives comme autant de mini-séismes pour l'industrie. Pour commencer, Madonna lâchait spectaculairement les majors classiques en signant mi-octobre un contrat révolutionnaire (forcément) de 120 millions de dollars pour dix ans avec le promoteur de concerts américain Live Nation. L'accord porte, comme pour une marque, sur tous les aspects de la carrière de la star, des disques aux concerts en passant par les produits dérivés.
A peu près au même moment, Radiohead, sans contrat, offrait son nouvel album "In Rainbows" en exclusivité sur son site, en téléchargement, au prix fixé par l'acheteur. Un succès. Et même si seul un groupe avec une telle notoriété pouvait se le permettre et si Radiohead a depuis signé avec une maison de disques indépendante (XL Recordings) pour la distribution du disque sur support cd classique, ce geste est révélateur d'un ras-le-bol du système traditionnel de la part des artistes.
Robbie Williams, lui, s'est mis en grève, refusant de livrer son prochain album à EMI, racheté l'an passé par le fonds d'investissement Terra Firma, qui a lancé un vaste plan de restructuration prévoyant la suppression de 5.500 emplois. "Les artistes veulent travailler avec des gens de musique, pas avec des financiers", a fait valoir le manager de Robbie Williams, qui a accusé le nouveau patron de EMI, Guy Hands, d'être un "esclavagiste", et sa major de ne pas avoir les capacités de gérer la carrière des artistes, notamment au plan numérique. Coldplay a menacé de suivre l'exemple de Robbie.
L'an passé, l'ancien Beatles Paul McCartney avait quitté EMI pour rejoindre le label créé par la chaîne américaine de cafés Starbucks, accusant les majors de ne pas avoir su faire face à la révolution internet. Autre poids lourds mécontents: les Rolling Stones ont aussi délaissé EMI pour leur prochain album, la BO d'un documentaire de Martin Scorsese qui leur est consacré et que publiera Universal.
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| Les Français qui marchent aussi à l'export
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Les musiciens français font une belle percée à l'étranger, a souligné au Midem le Bureau Export, qui a comptabilisé plus de 1.900 sorties de disques (+6%) et près de 7.000 concerts (+40%) d'artistes hexagonaux hors de France en 2007.
L'album produit en France qui s'est le mieux vendu à l'étranger l'an passé est "The Reminder" de la Canadienne Feist (plus de 700.000 exemplaires dont 450.000 aux Etats-Unis), dont la chanson "1234" a été utilisée pour la campagne publicitaire mondiale de l'iPod Nano et qui a reçu quatre nominations pour les prochains Grammy Awards.
Derrière, on trouve "La Radiolina" de Manu Chao (plus de 400.000 ventes à
l'export), "Pocket Symphony" d'Air, "No Promises" de Carla Bruni (plus de
200.000 chacun), "Alive 2007" de Daft Punk (plus de 175.000) et la bande
originale du film sur Edith Piaf "La môme", titré "La vie en rose" à l'étranger
(plus de 150.000). Le premier album du duo parisien Justice est 9e dans ce classement avec plus de 100.000 ventes hors frontières.
Les dix meilleurs vendeurs de 2007 à l'export sont tous des artistes de musique électronique ou chantant en anglais, hormis la BO de "La môme", ce qui confirme selon le Bureau Export deux tendances amorcées en 2006: le retour de la musique électronique française (la première vague étant la "french touch" dans les années 90) et l'intérêt grandissant pour le rock chanté en anglais.
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