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Jean-Luc Sébin, le forcené de Versailles

Émission du 01/04/2012

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    Le forcené de Versailles

    Début des années 1980. Un gendarme abattu de sang froid, un mari assassiné, un bijoutier kidnappé... Et derrière tout ça, un seul et même homme : Jean-Luc Sebin. Il a 25 ans et il est amoureux de Maryvonne. En cavale, il a passé plus de 30 heures dans le vide-sanitaire d’un immeuble de Versailles. Caché derrière un pilier, au milieu des rats, il a réussi à échapper au GIGN ! Les gendarmes ont mis des semaines à rattraper celui qui les avait bernés.

     

    Celui qui, surtout, a assassiné l’un de leurs collègues sans jamais le regretter. Tout commence le 27 mars 1982 près de Versailles. Jean-Luc Sebin est au volant de sa voiture, accompagné de sa maîtresse, Maryvonne Buisson. Alors que deux gendarmes, Gilles Carlotti et Michel Teule, les arrêtent pour un banal contrôle routier, Sebin choisit de filer et finit en travers de la chaussée.

     

    Ni lui, ni sa maîtresse ne sont blessés mais les gendarmes les rattrapent. Gilles Carlotti s’occupe de la passagère, Michel Teule, du conducteur. C’est là que Sebin dégaine son arme et abat le motard. Une balle en plein coeur tirée de sang froid. Avant de prendre la fuite, il tire encore trois fois sur le second gendarme, sans le tuer, cette fois. Mais la chasse à l’homme commence. En cavale, Sebin prend un automobiliste en otage pour se faire conduire à Versailles, tandis que cinquante gendarmes sont mobilisés, des policiers, un hélicoptère...

     

    Les médias annoncent la fusillade. Un gardien d’immeuble voit entrer le fugitif dans une résidence de Versailles. Le quartier est bouclé. Le GIGN débarque. La résidence est passée au peigne fin et pourtant… aucune trace du tueur. Les gendarmes pensent qu’il a réussi à s’enfuir. L’homme y est pourtant toujours, planqué dans le vide sanitaire de l’immeuble ! Après cette spectaculaire évasion, Sebin reste introuvable plusieurs semaines. Mais pendant ce temps, l’enquête avance car Maryvonne Buisson a parlé pendant sa garde à vue.

     

    Elle a donné le nom de son amoureux. Les policiers ont alors compris que le tueur de gendarme était déjà recherché. Pour meurtre ! Sebin est soupçonné d’avoir tué le mari de Maryvonne Buisson. Six mois plus tôt, Sahim Redjem avait été retrouvé dans son appartement avec deux balles dans la tête. Le mobile ? La jalousie et la peur. Sebin voulait Maryvonne pour lui tout seul et Redjem n’était pas le genre d’homme à laisser partir sa femme.

     

    En perquisitionnant l’appartement de Sebin, les policiers ne trouvent rien qui ne leur permette de mettre la main sur lui. Mais ils se retrouvent sur une autre piste : neuf mois plus tôt, Sebin aurait participé à l’enlèvement d’un bijoutier. L’homme est maintenant recherché dans le cadre de trois affaires, dont deux meurtres. Et c’est finalement la concierge d’un immeuble parisien qui va donner un coup de pouce à l’enquête. Elle a remarqué un "locataire bizarre" dans un de ses studios…

     

    Les policiers découvrent avec stupéfaction que le logement en question est loué au nom de Maryvonne Buisson ! La maîtresse de Sebin leur a toujours affirmé qu’elle n’avait plus de nouvelles de son amant depuis le meurtre de son mari. Si elle se trouvait dans sa voiture, le jour où il a abattu un gendarme, c’est parce qu’il l’avait forcée à y monter ! Les policiers l’avaient crue. Ils se sont fait berner.

     

    Mais cette fois, ils ne lâcheront plus le couple. Maryvonne est conduite en prison tandis que les policiers montent une planque devant le studio. Et ça marche. Le 24 avril 1982, ils arrêtent Sebin, lors d’un corps-à-corps musclé. En garde-à-vue, le jeune amoureux ne cache rien. Le meurtre de Sahim Redjem ? C’est bien lui. Il le revendique. Le braquage du bijoutier ? Il l’admet aussi. Quant à l’assassinat du gendarme Michel Teule ? "C’était sous le coup de la colère !". L’homme se prête à la reconstitution le sourire aux lèvres. Peut-être parce que Maryvonne est là, elle aussi…

     

    Mais il donne l’image d’un tueur implacable, cynique et sans remords. A son procès, en juin 1985, Sebin, "le tueur de gendarme" est présenté comme un caractériel qui ne comprend ni l’intérêt qu’on lui porte, ni la portée de son geste. Il est finalement condamné à la perpétuité pour le meurtre du gendarme Michel Teule. Maryvonne Buisson, mise en examen pour recel de malfaiteurs et recel de vol, aura l’indulgence du tribunal. Enceinte de Sebin, elle a l’excuse de l’amour et écope de six mois avec sursis.

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