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Marc Machin, , les meurtres du Pont de Neuilly

Émission du 22/09/2013

Marc Machin Les meurtres du Pont de Neuilly

Retour sur les grandes affaires criminelles françaises.

Sommaire

  • 1

    Marc Machin

    Les questions fusent.... « Il était bien sur le pont de Neuilly, le 1er décembre 2001 ? C’est bien lui qui a tué de plusieurs coups de couteau Marie-Agnès Bedot ? » Marc Machin a 19 ans et déjà une longue expérience des commissariats et des auditions. Mais, cette fois, la musique a changé ! Plus question de vols, de bagarres, ni même d'agressions sexuelles... C’est d'un meurtre dont on l'accuse, et ce sont les policiers du 36, Quai des Orfèvres qui le passent sur le grill.

    Son passé joue contre lui. Son emploi du temps, ce jour-là, est flou. Il était ivre et avait erré toute la soirée. Il ne se souvient pas de grandchose. Et puis une femme l'a vu sur le pont à l'heure du crime ! Une infirmière, à qui il aurait fait une proposition indécente. C’est grâce à elle et à cette petite phrase obscène que les policiers sont même remontés jusqu'à lui ! Alors, Marc Machin finit par craquer. Il avoue. C'est lui qui a tué la mère de famille, au petit matin, alors qu'elle partait à la salle de sport.

    Mais, un mois plus tard, le jeune homme revient sur ses aveux dans le bureau du juge. Il explique que le commandant Jean-Claude Mulles, l'un des policiers les plus chevronnés du 36, l'a « attendri » et acculé à des aveux qui n'ont pas de sens ! Peu importe le témoignage de l'infirmière, peu importe qu'elle ait décrit son blouson d'aviateur et qu'elle l'ait reconnu : il est innocent de ce meurtre ! Marc Machin se débat comme un diable, mais il ne convainc pas. Et ce n'est pas l'affaire Judith Araujo qui ébranlera la conviction du juge. Quand, six mois plus tard, le 22 mai 2002, on retrouve au petit matin le corps de cette femme, déchiqueté à coups de tessons de bouteille, sur le pont de Neuilly, il n'établit pas de lien entre les deux crimes.

    Pour l'affaire Bedot, la messe est dite !Marc Machin est condamné à dix-huit ans de prison, dont douze de sûreté. Personne, ni ses juges, ni les familles des victimes, ni la presse, ni lui-même ne peut imaginer qu'un homme poussera la porte du commissariat de la Défense, le 4 mars 2008. Un homme qui sait ce qui s'est passé réellement sur le pont de Neuilly et qui va mettre un terme à l'une des plus grandes erreurs judiciaires françaises...

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