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Publié le 22/08 à 10:28
La libération d'Auschwitz
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L'organisation d'Auschwitz
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Transportés comme du bétail, les déportés, venus de toute l'Europe, arrivaient aux portes de l'enfer...
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Les déportés, hommes, femmes et enfants, arrivaient de toute l’Europe, entassés par centaines dans des wagons de marchandise verrouillés pendant le trajet. Ils ne recevaient ni à boire ni à manger, n’avaient aucune toilette à leur disposition. Le voyage pouvait durer jusqu’à 10 jours. A l’arrivée à Auschwitz, une partie d'entre eux étaient morts.
Des médecins procédaient à la "sélection" sur le quai même d’arrivée des trains. Ceux jugés trop faibles, en général trois quarts des "contenus" des convois, étaient directement conduits dans les chambres à gaz où les SS leur faisaient croire qu’ils allaient prendre une douche. Après s’être entièrement déshabillés, ils étaient ensuite entassés à 2000 dans des pièces de 210 m2. Ils étaient alors exterminés avec le fameux gaz zyklon B (cyanue de potassium), insecticide fabriqué par IG Farben. Ils appartenaient à la catégorie dite "NN" pour Nacht und Nebel (nuit et brouillard), condamnés à disparaître à jamais de la mémoire des hommes...
Les cadavres étaient sortis par des Sonderkommandos, des commandos spéciaux, dont les membres n’avaient pas de contact avec les autres déportés. Ils leur ôtaient dents en or, bijoux et cheveux. Les corps étaient ensuite incinérés dans des fours crématoires ou dans des fosses quand les fours ne suffisaient plus à la tâche. Les membres de ces commandos étaient souvent liquidés au bout de quelques semaines: il s'agissait ainsi d'éliminer les témoins directs de l’entreprise.
Les autres déportés, jugés "dignes" de vivre, étaient tatoués d’un numéro matricule comme du bétail. Ils recevaient une veste, un pantalon et un bérêt rayés, identiques pour tous. L’individu devait ainsi disparaître dans la masse, le camp étant ainsi le lieu de la déshumanisation absolue. Toutefois, des triangles de couleur distinguaient les catégories de détenus : rouges et jaunes pour les juifs, rouges pour les détenus politiques, roses pour les homosexuels, violets pour les témoins de Jéhovah, verts pour les condamnés de droit commun, noirs pour les Tziganes et les "asociaux"… Les initiales désignaient la nationalité: SU (pour Union soviétique. Considérés comme des "sous-hommes", les prisonniers de guerre soviétiques, étaient particulièrement persécutés), F pour France...
Cela va sans dire : les conditions de vie étaient épouvantables. La faim était obsédante et fut fatale à de nombreux détenus. 200 grammes de pain, une soupe claire de topinambours ou de rutabagas (trois quarts de litre tout au plus), quelques grammes de margarine ou une rondelle de saucisson (le soir) constituaient l’essentiel de l’alimentation quotidienne. Les déportés dormaient dans des baraques à trois par lit (90 cm de largeur).
Tout était fait pour les humilier. Les appels du matin, au cours desquels les SS contrôlaient les effectifs des camps et procédaient à des exécutions publiques, duraient des heures, parfois plus de 10, dans la neige et le froid. On était battu, torturé, exécuté pour la moindre pécadille. Les places dans l’administration des camps ou dans les cuisines étaient recherchées car on avait plus de chance d’y survivre qu’ailleurs.
Fidèles adeptes de Machiavel, les Allemands évitaient au maximum de se trouver directement au contact direct des déportés: quelques dizaines de SS, tout au plus, les côtoyaient quotidiennement. Le reste du "personnel" était constitué d’auxiliaires non allemands, notamment lituaniens et ukrainiens. Au quotidien, les consignes étaient transmises par des détenus souvent de droit commun, les Kapos. Ces fidèles collaborateurs rapportaient fidèlement à leurs maîtres les moindres faits et gestes des déportés. On les juge aujourd’hui responsables de la mort de milliers de personnes.
"Dans le camp des hommes de Birkenau, il n’y avait que trois baraques de latrines pour 32 baraques de détenus. Comme 30 %des détenus en moyenne souffraient de diarrhée provoquée par la faim, ce petit nombre de latrines était tout à fait insuffisant. Des gardes veillaient à ce que ces installations ne soient utilisées que pour un temps chichement mesuré. (…) Il n’y avait pas de papier-toilette".
(extrait de l'acte d'accusation du premier procès d’Auschwitz à Francfort-sur-le-Main, Allemagne fédérale; 1963-1965)
"Les toits des baraques laissaient passer l’eau. Par mauvais temps, il pleuvait à travers en beaucoup d’endroits. Les châlits sur trois étages n’étaient recouverts que de paille sale, poussièreuse ou trempée. Quelquefois, il n’y avait même pas de paille du tout. En ce cas, les prisonniers dormaient à même les planches".
(extrait du jugement de la Cour d’assises de Francfort lors du premier procès d’Auschwitz)
Cité par le site de la Maison de la conférence de Wannsee
Voir aussi le très complet témoignage de Marie-Paul Vaillant-Couturier au procès de Nuremberg: http://www.fndirp.asso.fr/temoigmcvc1.htm

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